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3 questions à… Lo’Jo (Denis Péan)

« 3 questions à… » est une rubrique qui permet à nos lecteurs de découvrir un artiste à travers de brèves confessions sur son rapport au voyage et à la musique.

Inclassables et inséparables, mêlant à leur ouvrage les musiques du monde, la poésie et une touche d’insaisissable qui les rend si singuliers, les complices Lo’Jo ont conquis une fois de plus le public parisien du Café de la Danse avec leur nouvel album Fonetiq Flowers. Une musique généreuse et navigante, à l’image de Denis Péan, boussole du groupe, qui vogue parmi des fleurs d’Orient ou d’Occident, au gré des instincts sonores cueillis en chemin. Avec des mots emprunts d’une douceur spirituelle, il s’est confié à Hit the road.

« Je vais là où la musique me mène, je ne rêve que du possible qui m’attend. »

 

Qui t’a le plus influencé musicalement durant ton parcours?

J’ai grandi à Sorges dans un petit village de l’Anjou, sans musique à la maison. J’ai connu la ville d’Angers en entrant au Lycée David d’Angers. Et là tout m’a influencé : d’abord le bal de la galette des rois une fois par an dans mon village natal, le musette, la java, le paso-doble, la valse… puis, l’adolescence venue, le rock psychédélique des années 70 et presque aussitôt le jazz avec Miles Davis. Le groupe français Magma a marqué mes premiers émois sonores, je reste un grand admirateur de Christian Vander.

Le premier contact avec l’afro-beat de Fela Anikulapo Kuti a également été très marquant pour moi. Et la musique classique aussi : j’ai étudié le basson au conservatoire et j’y ai rencontré en musique Bartók, Vivaldi, Messiaen, Ravel, Bach, etc.

La suite, le temps et les voyages me l’ont offert : les musiques du monde, et autres bizarreries urbaines, Moondog, le mauricien Menwar… il y en aurait trop à citer !

Si tu pouvais aller n’importe où, dans quel lieu rêverais-tu de jouer?

Je n’ai pas de prédilection quant à l’endroit où jouer : une grande scène, un podium, un tapis… dans n’importe quel pays, c’est ma maison. Je n’ai jamais vu de différence entre un public et un autre. Quelques âmes plongées dans l’instant se ressemblent. Je vais là où la musique me mène, je ne rêve que du possible qui m’attend.

As-tu un lieu musical coup de cœur à faire découvrir à nos lecteurs? 

Les lieux magiques pour la musique, ce sont eux qui nous trouvent. On ne rencontre l’extraordinaire que quand on ne le cherche pas : je l’ai entendu autour d’un feu dans le Sahara,  au Lucy’s un lundi soir à Harlem, à l’heure tardive dans la gargote improvisée d’un festival de cambrousse…

 

Fonetiq Flowers,Lo’Jo; 2017, World Village
© Fabien Tijou
3 questions à… Samuel Strouk (jazz actuel)

« 3 questions à… » est une rubrique qui permet à nos lecteurs de découvrir un artiste à travers de brèves confessions sur son rapport au voyage et à la musique.

« Je me suis toujours constitué dans le conglomérat : c’est ce qui fait mon identité. »

Compositeur, guitariste, arrangeur, directeur musical, programmateur : Samuel Strouk ne chôme pas. Compagnon de route d’artistes de renom comme l’accordéoniste Vincent Peirani ou le violoncelliste François Salque, il a sorti son premier album Silent Walk en octobre dernier. Un disque délicat et contrasté qui nous mène d’une rive à l’autre par un chemin tantôt éclairé, tantôt esquissé. Il sera en concert le 27 novembre au Café de la danse pour présenter son oeuvre au public. Hit the road vous crayonne déjà les premiers sentiers…

 

Qui t’a le plus influencé musicalement durant ton parcours?

Vaste question ! J’ai grandi dans le sud de la France, à Montpellier, puis je suis venu à Paris pour continuer à apprendre la guitare au CNR. J’ai été très imprégné par la world music au fil de mon parcours. Je suis parti très tôt au Burkina-Faso, où j’ai travaillé la musique mandingue. J’ai passé quasiment trois ans à Cuba en y allant huit ou neuf fois pour l’enregistrement d’un disque, ce qui m’a fait collaborer avec de nombreux musiciens sur place, et ils ont eu une grande influence sur ma musique. J’ai également participé à pas mal de tournées en Asie : en Inde, au Sri Lanka, au Népal et au Pakistan. J’ai été au contact de la musique soufie, hindoustanie, carnatique… Donc pour résumer : le jazz et l’improvisation, la musique classique et ces trois musiques traditionnelles (caribéenne, mandingue et les musiques d’Inde et du Pakistan) font partie de mes grandes influences. On retrouve ces sonorités dans ce que j’écris. Par exemple, l’introduction de « Green B », un morceau de mon album Silent Walk, est un alap indien fait au cello.

D’autres grands compositeurs de musique classique, romantique et contemporaine m’ont également beaucoup inspiré : de Mozart à Ligetti en passant par Xenakis, Stravinsky, Ravel ou Debussy. En ce qui concerne la guitare, j’ai pris ma claque comme tout le monde avec Jimi Hendrix. J’ai passé une période de ma vie à n’écouter que Jimi et à me dire que c’était pas possible de jouer avec cette puissance-là, ce feeling-là dans l’expression ! Django Reinhardt c’est pareil… Wes Montgomery et Pat Metheny aussi… ou encore le flamenco de Paco de Lucía, dans un autre genre.

Quand tu nais en Andalousie et que tu grandis en tapant les palmas toute ton enfance, tu sens bien que le flamenco fait partie de ta culture. Je n’ai pas de sources traditionnelles fortes comme celle-ci. À la rigueur, lorsque j’écoute de la musique klezmer ou du chaâbi, deux genres qui sont liés à mes racines, ça fait vibrer quelque chose en moi, ça me rappelle mon enfance. Mais hormis ces deux madeleines de Proust, je me suis toujours constitué dans le conglomérat, dans l’ajout et la superposition d’univers très différents. On le sent dans ma musique. Je reprends l’exemple de « Green B »: l’introduction, un alâp indien, laisse place à quelque chose de beaucoup plus moderne pour finir de façon très classique…. C’est ce conglomérat qui fait mon identité.

Si tu pouvais aller n’importe où, dans quel lieu rêverais-tu de jouer?

Je crois que je ferais un concert dans l’espace… avec de l’air évidemment, pour qu’on puisse entendre le son. La musique aide à sortir du contexte terrien qui est le nôtre. Quand tu regardes la taille de notre planète, c’est tout de même dingue : c’est tout petit, et on se bat les uns contre les autres, on s’auto-détruit sur un bout de planète alors que nous ne sommes qu’une poussière au coeur d’un univers gigantesque ! Quand on ferme les yeux, la musique nous ouvre d’autres mondes, on prend du recul. C’est d’ailleurs pour ça que j’ai appelé mon disque Silent walk : les yeux fermés avec une musique au creux de l’oreille, tu peux aller n’importe où… Faire un concert dans l’espace, avec plein de gens en apesanteur, et la terre au loin : ce serait formidable! Mais sans air, c’est difficilement réalisable. À moins qu’on mette la NASA sur le coup !

As-tu un lieu musical coup de cœur à faire découvrir à nos lecteurs? 

Deux endroits me viennent à l’esprit. En premier lieu : La Havane. C’est une ville d’art et de musique, elle en est imbibée, je n’ai retrouvé cette sensation nulle part ailleurs. Même pas à New York. À La Havane, le son fait partie intégrante de la vie des gens. Il y a une triple influence : le jazz américain, arrivé dans les années 50 avec le latin jazz et le croisement avec New York, la musique classique de l’école russe, et une influence africaine (la culture yoruba, la culture mandingue, etc.). Le peuple cubain est absorbé par une musique à trois dimensions extrêmement riche. La danse est omniprésente, les musiciens peuvent jouer toute la nuit avec deux maracas. Ils sont extrêmement doués.

Calcutta est l’autre ville qui, de façon différente, m’a beaucoup marqué. Il y a une école de flûtistes et de tablas où les musiciens jouent en totale connexion avec leur spiritualité. Ils ne sont pas là pour gagner leur vie, ils sont là pour progresser dans la musique, du matin au soir. Ils sont réunis par la même philosophie.

Donc si les lecteurs de Hit the road sont en quête de sensations musicales fortes, qu’ils prennent un billet pour Cuba ou l’Inde, ils ne le regretteront pas.

Silent Walk, Samuel Strouk; 2017, Universal music
3 questions à… Tigran Hamasyan (jazz actuel)

« 3 questions à… » est une rubrique qui permet à nos lecteurs de découvrir un artiste à travers de brèves confessions sur son rapport au voyage et à la musique.

Impressionnant pari que de jouer en solo dans le vaste auditorium de la Seine musicale, nouveau lieu culturel situé sur l’île Seguin à Boulogne. C’est pourtant celui qu’a relevé le jeune Tigran Hamasyan, pianiste d’exception dont le corps suit les nuances de son instrument, pénétrant imperceptiblement l’âme du public avec une mélodie « New Baroque » ou un « Someday my prince will come » aux accents angoissants… 

« Mon oncle a été un vrai guide dans ma vie de musicien »

Ce 14 octobre, peu avant le concert, il nous a fait part de ses souvenirs et de ses élans du moment. Coup de projecteur sur cet enfant prodige du jazz.

Qui t’a le plus influencé musicalement durant ton parcours?

J’ai grandi à Gyumri, la deuxième plus grande ville d’Arménie, puis nous avons déménagé avec ma famille à Erevan, la capitale, où je suis resté jusqu’à mes 16 ans. Mon oncle est sans aucun doute la personne qui m’a le plus influencé musicalement. J’avais à peine 4 ans lorsqu’il m’a fait découvrir le jazz. Il m’a permis de trouver ma voie. Il écoutait Herbie Hancock, Miles Davis, des artistes soul comme Marvin Gaye, James Brown… il se nourrissait essentiellement de jazz et de funk. Mon professeur de musique, Vahag Hayrapetyan, a également été très important dans mon parcours, il m’a initié à l’improvisation. C’est un pianiste incroyable, il m’a enseigné les bases du bebop. C’est encore mon oncle qui m’avait parlé de lui, il a été un vrai guide dans ma vie de musicien. Mon père, quant à lui, était un grand fan de rock. Il collectionnait un tas de disques et dépensait parfois tout son salaire pour s’offrir le dernier album de Led Zeppelin. Donc j’ai grandi aux sons du rock, du jazz et de la soul.

Mes goûts se sont bien sûr élargis avec le temps. En ce moment par exemple, j’écoute en boucle un morceau troublant, « Lonely world » de Moses Sumney, un jeune artiste californien : une fusion pop vraiment intéressante. Et je réécoute sans m’en lasser l’album Now he sings, now he sobs de Chick Corea. J’en étais dingue, et le virus me reprend…

Si tu pouvais aller n’importe où, dans quel lieu rêverais-tu de jouer?

J’aimerais jouer dans la ville de Kars, actuellement en Turquie, c’est le lieu d’où viennent mes ancêtres. J’y ai été une fois mais j’ai joué dans un hôtel, il était impossible de se produire au conservatoire ou ailleurs. La prochaine fois je voudrais vraiment faire un concert dans un lieu de musique.

As-tu un lieu musical coup de cœur à faire découvrir à nos lecteurs? 

Il y a un lieu à Paris que j’aime beaucoup : c’est la Péniche Anako. J’y ai vu de nombreuses cultures différentes se côtoyer, j’ai assisté à des concerts d’une grande qualité. Je sais qu’ils sont en difficulté et que la Ville de Paris veut récupérer l’endroit, et pour ma part j’espère vraiment qu’ils ne seront pas contraints d’arrêter leurs activités. C’est un lieu culturel qui doit continuer de promouvoir toutes ces musiques et d’offrir un espace d’expression aux jeunes talents.

Tigran Hamasyan, An ancient observer; 2017, Nonesuch Records
© Elena Petrosyan
3 questions à… Babx (chanson française)

« 3 questions à… » est une rubrique qui permet à nos lecteurs de découvrir un artiste à travers de brèves confessions sur son rapport au voyage et à la musique.

« Little Odessa est l’un des endroits les plus poétiques que je connaisse »

L’univers de la chanson française l’a découvert avec des airs intimes et oniriques, confessant ses odyssées enfantines sous le piano de sa mère, ses états d’âme chahutés tel un Ballroom déserté… En ascension toujours croissante, le stellaire Babx fait une escale à La Cigale le 27 novembre pour une date unique. Ce soir-là, les étoiles scintilleront au souvenir de la courageuse Omaya, guidées par le souffle « blasé » d’Archie Shepp, pour nous mener là-haut, « là où tout s’illumine ».  Quelques mots à Hit the road avant l’envol…

Qui t’a le plus influencé musicalement durant ton parcours?

Pour répondre le plus succinctement possible, et par ordre chronologique : ma mère, qui m’a tout appris; mon grand-père, que je n’ai jamais connu mais qui était chef-d’orchestre et dont l’ombre a toujours plané au-dessus de ma famille; et enfin Charlie Parker. Si quelqu’un se met à parler alors qu’on me fait écouter un de ses disques, ça peut vraiment virer au drame…

Si tu pouvais aller n’importe où, dans quel lieu rêverais-tu de jouer?

J’ai écrit une chanson sur ce lieu : Little Odessa, le quartier russe de New York. Je rêverais d’y jouer. C’est un univers fascinant car on peut y voir se côtoyer l’océan, Brooklyn, une vieille fête foraine désaffectée en voie de démolition, des russes émigrés déambulant en chapka et vison, des ex-agents du KGB jouant aux échecs… C’est l’un des endroits les plus poétiques que je connaisse. Je me verrais bien m’y noyer, tomber du grand huit, jouer au coeur de cette atmosphère.

As-tu un lieu musical coup de cœur à faire découvrir à nos lecteurs? 

Absolument ! Il est malheureusement difficile d’y accéder en ce moment : c’est au Pakistan. Ma mère a souvent enregistré des disques là-bas, à la fin des années 90, et c’est dans ces temples soufis que j’ai ressenti la plus grosse vibration de musique, un truc qui doit s’apparenter à la sensation que provoquait un concert de John Coltrane. La coutume là-bas est de jeter des billets aux musiciens. J’ai vu des gens affamés qui devaient choisir entre manger ou balancer des petites coupures, et ils décidaient  de donner leur argent aux musiciens. C’est sans doute ce qui leur rappelait qu’ils étaient humains, dignes. C’est la plus forte émotion musicale que j’ai ressentie de toute ma vie. Quand ce pays redeviendra un pays de paix, je conseille aux lecteurs de Hit the road d’aller dans ces sanctuaires écouter des Qawwalî, ces chants qui mettent en musique les plus grands poèmes que véhicule le soufisme. C’est sans aucun doute l’une des plus belles expériences qui soit.

Babx, Ascensions; 2017, Bison Bison / L’Autre distribution

 

3 questions à… Arto Lindsay (Brésil-USA)

« 3 questions à… » est une rubrique qui permet à nos lecteurs de découvrir un artiste à travers de brèves confessions sur son rapport au voyage et à la musique.

En tournée européenne pour l’album Cuidado madame, qui marque son retour en studio 13 ans après le précédent Salt, il a régalé le public parisien d’un concert mémorable dans la chaleur moite d’une Bellevilloise insatiable. Nous l’avons croisé le lendemain, entre deux émissions de radio, le temps de quelques mots au goût de cachaça et de sazerac.

« Étant guitariste, c’est sans doute Jimi Hendrix qui a eu le plus d’impact sur moi »

Bruitiste, hédoniste, guitariste : Arto Lindsay est tout cela à la fois. Inclassable et insaisissable, cet ancien membre du Lounge Lizards a roulé sa bosse sur les chemins escarpés d’une scène musicale hétéroclite en collaborant avec des artistes de tous horizons, de Marisa monte à David Byrne en passant par Alain Bashung ou Ryuichi Sakamoto.

Qui t’a le plus influencé musicalement durant ton parcours?

J’ai grandi dans l’État de Pernambuco, dans le Nordeste brésilien, mais plus que les musiques de cette région, comme le forró, je dirais qu’étant guitariste c’est sans doute Jimi Hendrix qui a eu le plus d’impact sur moi musicalement. Dans un autre registre, j’ai également été influencé par ma mère. Elle jouait merveilleusement bien du piano et aimait écouter des disques. Elle avait une collection de vinyles  qui allait de la bossa nova de Joâo Gilberto au jazz de crooners comme Nat King Cole. Tous ces artistes ont éveillé ma curiosité auditive.

Si tu pouvais aller n’importe où, dans quel lieu rêverais-tu de jouer?

Je crois qu’aujourd’hui, j’irais jouer à la Philharmonie de Berlin, cette bâtisse incroyable en plein coeur de la capitale. C’est un lieu magnifique, qui m’inspire alors que je ne l’ai encore vu qu’en photo !

As-tu un lieu musical coup de cœur à faire découvrir à nos lecteurs? 

J’affectionne les endroits où la musique est vraiment présente et fait partie du quotidien, où les gens jouent partout : dans la rue, dans les cafés, chez eux avec la fenêtre ouverte… Donc je conseille des lieux comme Salvador de Bahia, au Brésil, ou la Nouvelle-Orléans, en Louisiane. La ville devient musique.

3 questions à… Flavia Coelho (brésil)

 « 3 questions à… » est une rubrique qui permet à nos lecteurs de découvrir un artiste à travers de brèves  confessions sur son rapport au voyage et à la musique.

« Paris réunit tout ce que j’aime en matière de musique. »

Flavia Coelho était au grand rendez-vous de la Fête de l’Humanité le week-end dernier, parée de son large sourire et de ses boucles colorées. Actuellement en tournée avec son troisième album Sonho Real, joyau festif aux mélodies teintées autant de forró brésilien que de reggae ou de ska, la pétillante Flavia s’est livrée à Hit the road lors d’une nuit estivale aux Soirées du Château. Après un show spectaculaire à l’énergie contagieuse, elle nous a dévoilé des pensées plus intimes, sous le ciel étoilé de ce village provençal devenu Gréoux-de-Janeiro pour l’occasion…

 

Qui t’a le plus influencé musicalement durant ton parcours?

Je suis née à Rio de Janeiro, et j’ai grandi au Brésil tout en voyageant un peu partout. Mes parents viennent  du Nordeste du Brésil, une région très riche en ce qui concerne l’artisanat et la musique.  Donc mes plus grandes influences restent ces deux régions. Rio de Janeiro m’a plongée dans le  hip hop, la samba ou le funk, et le Nordeste m’a fait découvrir la musique qu’écoutait mes parents : des maîtres comme Gilberto Gil, Caetano Veloso, Joâo Gilberto, les genres du choro et du forrò, mais aussi beaucoup de reggae car ma mère vient d’une île où dans les années 70 la radio ne passait presque que des morceaux jamaïcains. À mon arrivée en France, mes oreilles se sont instinctivement nourries de sonorités venues d’Afrique, des Balkans, d’Orient… le voyage se poursuit sans cesse.

Si tu pouvais aller n’importe où, dans quel lieu rêverais-tu de jouer?

J’aimerais vraiment jouer chez moi, au Brésil. J’y ai joué à l’occasion des Jeux Olympiques, à la Maison de France, il y avait quelques brésiliens mais c’était quand même majoritairement un public français qui assistait à l’évènement. Je n’ai pas eu le temps de développer mon projet là-bas, donc ça me plairait de le faire découvrir aux miens. Je n’oublie pas que je chante en portugais, et que je m’adresse aussi à eux. Et si vraiment ce rêve pouvait devenir réalité, je choisirais de jouer dans un grand stade au coeur de Rio !

As-tu un lieu musical coup de cœur à faire découvrir à nos lecteurs? 

Je suis très citadine, et pour moi Paris réunit tout ce que j’aime en matière de musique. C’est pour ça que je m’y suis installée d’ailleurs, il y a une diaspora extraordinaire ici ! C’est cette diversité qui m’a amenée ici, cette magie de pouvoir se retrouver au fin fond de l’Afrique dans son propre quartier. C’est merveilleux de pouvoir écouter de vrais griots du Mali, d’écouter du vrai mbalax sénégalais, d’écouter de la cumbia made from Colombie… on trouve toutes ces musiques à Paris. Donc je conseille aux lecteurs de Hit the road qui n’ont pas forcément les moyens d’aller très loin de se balader dans Paris, c’est le lieu idéal. Et pour un petit conseil de quartier, je vais souvent au  Café des Sports à Ménilmontant (c’est quasiment mon QG), un bar tout simple qui ne paye pas de mines et où pourtant s’improvisent des soirées jams terribles !

Flavia Coelho, Sonho Real; 2017, PIAS
@Youri Lenquette
3 questions à … Jowee Omicil (jazz nomade)

« 3 questions à… » est une rubrique qui permet à nos lecteurs de découvrir un artiste à travers de brèves  confessions sur son rapport au voyage et à la musique. Jazzman originaire d’Haïti, le pétillant Jowee Omicil a grandi à Montréal avant de s’installer à New York puis à Miami. Mais c’est dans le XVIIIème arrondissement de Paris, où il a élu domicile depuis peu, que nous l’avons rencontré fin juillet.

« J’aimerais aller jouer en orbite, dans l’espace ! »

Multi-instrumentiste à l’enthousiasme communicatif, Jowee Omicil a sorti Let’s Bash sur le prestigieux label Jazz Village, album enregistré en moins d’une semaine et sur lequel il s’amuse à reprendre des airs célèbres (« Sur le pont d’Avignon », « La Bohème ») autant que des pépites méconnues telles le chaloupé « Pipillita »emprunté au cap-verdien Luis Morais
Il sera le 3 septembre prochain sur la scène du Festival Jazz à la Villette

 

Qui t’a le plus influencé musicalement durant ton parcours?

Je suis né à Montréal le 1er décembre 1977. Quand j’étais tout petit, j’écoutais les chanteurs qui passaient à la radio : René Simard, Ginette Reno, Céline Dion, Charles Aznavour, Jacques Brel, Nana Mouskouri… Puis a suivi la période Jackson Five, vers 6 ans, et la découverte du hip hop vers 9-10 ans : Run DMC, Busta Rhymes, A Tribe Called Quest, Public Enemy… En 1995, j’ai découvert Black Science de Steve Coleman : je me sentais planer, comme sur un tapis volant ! Il y a eu aussi Tutu, de Miles Davis et Marcus Miller… une vraie claque.

Mais ma plus grand influence, dans tous les domaines de la vie, a été mon père. En tant que pasteur, il voulait que j’apprenne à jouer d’un instrument pour accompagner l’assemblée. C’est comme ça que j’ai commencé à faire de la musique, à 15 ans. Tard pour un musicien. Jusque-là, j’étais passionné de sport. Je jouais au ping pong, au baseball, au hockey sur glace… j’écoutais du hip hop pendant ces activités, ça me motivait. Je n’avais pas encore compris que la musique était en moi. J’ai d’abord été tenté par le piano, mais pour l’harmonie de l’ensemble je devais choisir un instrument à vents. J’ai opté pour le saxophone alto, puis deux-trois ans plus tard mon frère m’a offert un saxophone soprano. J’adorais Kenny G à l’époque, je n’en ai pas honte. Je faisais plein de reprises de ses morceaux, pour des mariages, des communions, tous types d’évènements. Et par la suite, j’ai découvert Wayne Shorter, John Coltrane… je ne m’étais pas rendu compte avant de le pratiquer qu’ils jouaient eux aussi du soprano. Progressivement, d’année en année, je me suis mis à la flûte, à la clarinette, et à la trompette.

Au fond, ta musique c’est ton expérience. J’ai transposé ce que m’a transmis mon père dans ma musique : son comportement, son éducation, ses mots, ses consignes, ses conseils… Ce que tu es sort de ton souffle. Tes adversités, ton vécu, tes peines, tes joies… tout cela se révèle dans ton son, si tu es honnête. C’est pour ça que j’ai choisi le jazz. J’ai commencé avec la musique classique, mais encore aujourd’hui, si je reprends du Bach ou la 40ème symphonie de Mozart, c’est toujours jazzifié. J’aime leurs mélodies, mais le groove que j’entends est différent. Un musicien comme Mozart a clairement tracé la route pour des gens comme moi. Il nous propose une mélodie qui dérange, et on doit faire notre truc avec. Et le jazz est la seule langue qui offre une totale liberté d’expression.

Si tu pouvais aller n’importe où, dans quel lieu rêverais-tu de jouer?

C’est quelque chose que je dis souvent en privé, mais aujourd’hui je vais l’avouer publiquement : j’aimerais aller jouer en orbite, dans l’espace. Une expérience : « Jowee in orbit » ! Ce serait complètement global. Tout le monde pourrait écouter ce son-là à ce moment précis ! Chaque fois que j’en parle, je fais le voyage, et je sais qu’un jour je le ferai vraiment. Ce sera une mission d’amour spatial. Réunir tout le monde en un seul accord. Là on pourra dire : « on est ensemble, en cet instant-là on s’est vraiment aimés les uns les autres».

As-tu un lieu musical coup de cœur à faire découvrir à nos lecteurs? 

Beaucoup de lieux m’ont touché durant ma carrière : le Cap-Vert, le Vénézuela, Haïti, Montréal… Mais un moment qui m’a réellement marqué, c’est le concert que l’on a fait le 22 juillet dans la basilique de Tabarka, en Tunisie, à l’occasion du Tabarka Jazz Festival. Je n’ai jamais vu pareille audience : 4000 personnes avec une énergie incroyable, à l’image d’un concert de rock ! J’aime vivre l’instant présent, donc le dernier concert en date est toujours le meilleur. Le prochain est à Mindelo, au Cap-Vert. Si tu me reposes la question le 6 août, ma réponse sera Mindelo. Si tu me la reposes le 16 août, ce sera la Martinique, car tout va toujours en évoluant. La passion doit m’aider à me surpasser à chaque fois. Je me rends accessible en tant qu’instrument, en tant que passeur de sons, l’endroit où je joue n’a pas d’importance. Chaque situation est unique. Chaque fois que je me mets à jouer devant un public, mon set est différent, et le dernier est toujours le plus fort. Notre mission est de conquérir les âmes des gens, et on ne peut qu’être reconnaissants de la grâce que l’on nous a donnée pour l’accomplir. Aujourd’hui, pour moi, Tabarka était le meilleur concert, et donc un lieu à découvrir. Trop d’âmes…

 

Jowee Omicil, Let’s Bash ; 2017, Jazz Village
@Mariagrazia Giove
Voilà l’été, enfin l’été, toujours l’été

L’été est déjà bien entamé, avec son lot de tubes et de chorégraphies à mémoriser pour être le plus « frais » sur la piste de danse. Mais nous ne sommes pas tous égaux concernant cette période de supposé farniente, alors à vous qui n’avez pas la chance de brunir votre épiderme sous les sunlights des tropiques, on vous propose un moment de détente près de la chaleur de votre ordi en sirotant un cocktail maison (un vrai…) avec une playlist estivale pensée par nos soins…

 

« Estate » et « Summertime », ou l’histoire de deux standards du jazz

Originaire d’Italie, la chanson « Estate » a fait le tour du monde jusqu’à devenir un standard international de la musique jazz. Composée par Bruno Martino en 1960 sur des paroles de Bruno Brighetti, elle raconte la triste et banale histoire d’un amour déçu que ravive chaque année l’arrivée de l’été. La reprise en 1961 par le brésilien João Gilberto, qui y distille une couleur bossa nova, en fait un succès mondial. Dès lors, elle est reprise par de nombreux jazzmen de renommée internationale comme Michel Petrucciani ou Chet Baker. En 1981, Claude Nougaro modifie le morceau originel, l’intitulant « Un été », auquel il confère des paroles très personnelles qui content ses amours adolescentes.

L’une des plus jolies versions de cet opus est sans doute celle de l’inspiré Vinicio Capossela (interview sur notre blog à retrouver ici) sortie il y a près de vingt ans :

Plus célèbre bien sûr : le morceau « Summertime » qui compterait à ce jour, d’après le collectif de collectionneurs The Summertime Connection, plus de 82 000 interprétations dont environ 67 000 auraient été enregistrées. Il a été composé par George Gershwin en 1933 sur des paroles de DuBose Hayward, « Summertime » est en fait une berceuse pour l’opéra en trois actes Porgy and Bess qui narre l’histoire de deux afro-américains plongés dans la misère de la Caroline du Sud. Les versions les plus connues sont sans doute celles de Ella Fitzgerald & Louis Armstrong ainsi que celle, mémorable, de Janis Joplin. Mais la mélodie a dépassé les âges et surtout les genres : covers classiques (Barbara Hendricks, Yehudi Menuhin…), jazz (Charlie Parker, Bill Evans, Herbie Hancock & Joni Mitchell…), pop-rock (Gene Vincent, The Doors…), soul (Sam Cooke, Al Green…), reggae (B.B. Keaton & Lloyd Charmers, Lee Perry & Errol Walker…), world (Angélique Kidjo…) …  la mélopée a su conquérir les musiciens de tous horizons.

Les titres de l’été

Il serait aisé de lancer quelques idées d’écoute de morceaux qui évoquent l’été par leur caractère solaire : rythmes latino, paroles qui chantent la mer et le sable blanc, beats enflammés qui rappellent les dancefloors des îles baignées de lumière… mais l’exercice est tout autre ! On s’en est tenu à dénicher quelques morceaux qui contiennent réellement le mot « été » dans leur titre. Et les styles sont pour le moins hétéroclites…

On ne peut échapper à notre saison préférée de Vivaldi, « L’été », que l’on retrouvait l’an dernier dans le film La danseuse. Ni évidemment au refrain préféré des français à cette période, « Voilà l’été », des joyeuses Négresses Vertes. Mais on a retrouvé également une ou deux pépites laissées sur le bas de la route. Notamment « Étrange été », une chanson non moins étrange du regretté Alain Bashung. Ou encore un tube rétro de Jeanette, la mythique voix espagnole de « Porque te vas », que l’on retrouve ici avec « Sol de verano ». Tout aussi kitsch mais indémodables, l’immanquable « Summer nights » de la B.O. de Grease, ou le « Summertime blues » d’Eddie Cochran.

Si vous en êtes à grignoter la menthe de votre mojito et que vous préférez finir sur un parfum plus doux, choisissez la « Samba de verão » de Caetano Veloso ou la reprise du « Summer wind » de Frank Sinatra par Madeleine Peyroux. Avec une note de cachaça, vous pourrez, enfin, profiter d’une échappée belle…

Chaleur humaine pour la fête de la musique

36ème édition de la fête de la musique sous 36°C dans la capitale… de quoi faire sortir les parisiens de tous poils pour se frotter aux riffs de guitares et au combo hot-dog/bière toujours de mise pour ce genre de manifestations. Comme chaque année, les amateurs et professionnels du milieu seront dispatchés dans les rues de la ville. Quelques pistes et conseils ici, à suivre (ou pas..).

Groover en bord de Seine

Par cette chaleur torride, on serait tenté de lever l’ancre… Si tel est votre souhait, dirigez-vous vers le quartier de la BNF. Vous trouverez des péniches et guinguettes qui vous feront oublier un instant la moiteur du métro parisien. Pour autant, le son restera urbain…

Si vous êtes dans le coin, sachez que le Batofar fête les 10 ans de La Mamie’s. Collectif fondé en 2007 qui se résume en quelques mots : « 6 copains, 4 DJ’s, des paillettes et une folle envie de faire la fête. ». Ambiance groovy à coup sûr! Au programme de ce soir : open air devant le bateau, gros soudsystem et le crew au complet. Un aperçu de leur playlist ici. La soirée est gratuite jusqu’à 0h30.

Sable et dancehall à la Villette

La Philharmonie de Paris voit les choses en grand cette année. À l’occasion de l’exposition Jamaica Jamaica ! (qui sera en entrée libre aujourd’hui de 18h à 22h) et des 40 ans du label Greensleeves, le Blackboard Jungle SoundSystem vous fera revivre l’époque des meilleurs enregistrements de la musique jamaïcaine : Augustus Pablo, Barrington Levy, Bounty Killer… Jamïca, land we love !

Si vous en avez marre de chauffer vos tongs sur le béton, direction la Plage Glaz’art. Premier jour d’ouverture, et comme chaque année, vous pourrez écouter de l’électro en sentant le sable crisser sous vos pieds… plus d’infos sur la soirée ici.

Summertime rue des Lombards

Pour vous mettre en bouche avant la balade jazz à St-Germain-des-Prés HTR de dimanche prochain (event Facebook ici), on vous suggère de faire un arrêt au Sunset-Sunside. Il sera plus ou moins long selon votre goût pour le saxophoniste John Coltrane : la soirée est dédiée entièrement à ce monument du jazz ! Entrée libre : c’est le moment d’en profiter ! Plus d’infos ici.

Ménilmontant dans tous ses états

La fête de la musique, c’est surtout l’occasion de trainer entre amis avec du son qu’on découvre de ci-de là. Les concerts ne sont pas toujours au niveau, mais dans certains lieux on est à peu près sûrs de passer un bon moment (si on arrive à rentrer). Et comme on aime ce quartier, voici quelques idées :

Au 88 de la rue ménilmontant, la Bellevilloise inaugure un nouveau lieu éphémère et fête aujourd’hui la musique comme il se doit, dès 16h, dans une jungle en plein air ! Plus d’infos sur le line up ici.

À l’angle de la rue, vous connaissez sans doute le mythique Café des sports. Populaire et accueillant, le lieu dansera ce soir au son de la cumbia. Grosse chaleur et bonne humeur assurées.

Si vous êtes plutôt branché Brésil, vous pourrez démarrer la soirée au Mineirhino, un bar de quartier chaleureux qui propose une soirée samba dès 18h30.

Non loin de là, le Studio de l’Ermitage, l’une de nos salles parisiennes préférées, ouvrira elle aussi les portes au Brésil. Dès 19h, découvrez ce qu’est réellement la samba, en images et en musique ! Le groupe Roda do Cavaco, habitué des lieux, vous fera ensuite voyager jusqu’à la fermeture…

Il y aurait encore plein d’autres lieux chouettes à traverser ce soir : la place d’Aligre, le Mellotron, les Disquaires, la Marbrerie, le Nodana… mais pour l’heure on va plutôt se désaltérer et préparer nos meilleures tongs pour l’occasion…

3 questions à… Nicolas Repac (Republica Ideal de Acapulco)

« 3 questions à… » est une rubrique qui permet à nos lecteurs de découvrir un artiste à travers de brèves  confessions sur son rapport au voyage et à la musique.

Le 24 avril dernier, le Café de la danse accueillait un concert incendiaire dans la moiteur d’une salle comble : la Republica Ideal de Acapulco! Mené par le guitariste Nicolas Repac (Arthur H, Mamani Keita…) et la flûtiste et chanteuse cubaine Yaité Ramos (plus connue sous le nom de « la Dame Blanche »), ce projet géo-musical sillonne des sentiers sonores à l’énergie contagieuse « para bailar ». Le calme revenu après la tempête, nous avons pu échanger avec le discret et chaleureux fondateur du groupe.   

Compositeur, arrangeur et producteur, Nicolas Repac est avant tout un musicien touche-à-tout qui transforme ce qu’il entend tel un alchimiste. Complice de longue date du sibyllin Arthur H, il nage en eaux profondes et revient à la surface tantôt électrisé par des samples futuristes, tantôt ondulant sur les rythmiques cabossées d’un air mandingue… Avec Republica Ideal de Acapulco, ce guitariste à l’oreille aguerrie met le cap vers l’Amérique Latine et parcourt une terre savoureuse foulée par des mambos et des boléros en pagaille !

« À Bamako, la musique surgit n’importe où, à tout moment »

Qui t’a le plus influencé musicalement durant ton parcours?

J’ai grandi dans un village du Sud de Toulouse. Mon premier souvenir musical remonte à mes 5 ans : j’écoutais la mire de l’ORTF en boucle en me tapant la tête en rythme contre le fauteuil ! Tous les jours ! Il n’y avait qu’une chaîne à l’époque. Plus tard, j’ai eu ma période Joe Dassin (j’étais fan), et j’ai découvert le rock n’roll avec Chuck Berry. Mais aucun des deux n’a fait partie des influences qui ont duré. Mes plus grandes inspirations ont sans doute été Jimi Hendrix (parce que je suis guitariste), mais aussi Tom Waits, Serge Gainsbourg, Brian Eno

Un jour, un cousin m’a ramené des morceaux de Martinique et de Guadeloupe. Des biguines, je crois. Sans rien y connaitre, j’ai commencé à m’intéresser à ces musiques d’ailleurs. Loin de mon univers quotidien : je viens d’une famille toute simple d’ouvriers. Ma curiosité personnelle m’a amené à découvrir l’Afrique, et à l’aimer. De là est né mon amour pour les musique du monde.

Si tu pouvais aller n’importe où, dans quel lieu rêverais-tu de jouer?

J’ai un rêve, qui pourrait devenir réalité : jouer à New York. Tant de musiques que j’aime viennent de là-bas… je serais vraiment fier de jouer à Harlem, dans cette salle mythique qu’est l’Apollo Theater. Toutes les stars de la musique noire y ont joué !

As-tu un lieu musical coup de cœur à faire découvrir à nos lecteurs?

Le Mali, sans hésiter, et surtout Bamako. La musique n’est pas sur scène mais dans la rue. Le rapport avec le public n’est pas le même que celui qu’on entretient en Europe. Ici, ce soir, on était habillés… la lumière s’est estompée… le public était là, prêt à applaudir à la fin… À Bamako, la musique surgit n’importe où, à tout moment : pour un mariage, pour un enterrement… C’est ce qui m’a stupéfait en Afrique. On est loin de la société du spectacle. La plupart des musiciens qui y vivent sont inconnus et ne prendront jamais l’avion pour venir ici, alors qu’ils sont incroyables. Donc pour les grands mélomanes, c’est un lieu à visiter à tout prix. Le talent y est ancestral.

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